L’heure de la nuit absente

Je n’ai aucune idée du jour qu’il est, je ne sais pas non plus l’heure qu’il est, seule l’horloge du bus semble vouloir essayer de me donner un indice mais rien n’y fait, il est une heure intemporelle, celle de la nuit absente, celle de la lune qui dépasse des nuages, celle de l’attente d’un bus face à l’océan, celle du vent qui ne cesse pas, celle d’une fin de journée finalement bien remplie, celle de la grâce rendue de vivre cela.

Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est; il fait jour mais il fait nuit. Le soleil ne se montre pas, ou timidement, et parfois il apparaît en soirée après une longue journée grise, alors je ne peux pas aller dormir et cours dehors pour attraper quelques rayons salvateurs.

Il y a encore des lieux en Islande restant à explorer. Þakgil, ce petit canyon insoupçonné au pied du volcan Katla, si près des sites habités par les hordes de touristes et si à l’écart. Si beau. Si venteux, sur les hauteurs, et alors qu’on devrait avoir le souffle coupé par la beauté des paysages notre respiration est forcée, obligés que nous sommes à marcher parfois accroupi pour continuer d’avancer sur le chemin de randonnée. Il me reste des endroits comme celui-ci, loins de tout; dans quelques semaines, il y a des les Hornstrandir. J’ai hâte de vous le raconter. Quelques jours dans une région inhabitée, sans route ni hébergements; ça promet. Il y aura Laki et sa succession de cratères. Þakgil s’est permis de me rappeler pourquoi j’étais ici, mais aussi pourquoi je vais partir. Les paysages sont magnifiques, oui. Les couleurs, inégalées. Mais c’est loin, ce n’est pas ce que l’on voit tous les jours et surtout, oui, y’en a marre de cette météo de juin et de juillet où pas un jour ne passe sans pluie, sans nuage, sans température à deux chiffres.

Voilà trois jours que je suis manager à la réception de mon hôtel et il y a déjà un truc que j’aime. Travailler de 8h à 16h du lundi au vendredi. Finis, les shifts de 12h et les weekends travaillés. J’ai peur de m’habituer alors que je n’aurai le droit à ça que quelques semaines. Enfin, je suis le chef, et ça c’est cool. Mon boulot en lui-même ne change pas vraiment et j’ai hâte de faire quelque chose que j’aime, mais ça prendra encore quelques mois.

img_1608

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s