Pluie de minuit

Mardi 19 juin, 21:45.

Le toit résonne de gouttes de pluie incessantes. Tout à l’heure en marchant depuis mon arrêt de bus, de ma bouche s’échappait la vapeur que l’on ne croise qu’en hiver. Ici, c’est l’été. On le reconnaît à l’absence de nuit. Mais les nuages remplis de tristesse se succèdent et le soleil de minuit se fait bien timide. Nous sommes pourtant à deux jours du solstice d’été et dès lors, le jour commencera à décroître, petit à petit, pour rejoindre les grandes longueurs de l’hiver.

Apparemment, ce n’est pas bien parti pour être un bel été, surtout comparé à l’année dernière. Je n’ai pas passé plus d’une heure en t-shirt en Islande en 2018. C’était un jour, sans vent, au soleil, fin avril, et encore, j’avais fini par attraper froid. Pas de transat au bord de la piscine, pas de coup de soleil dû à une sieste post-méridienne, pas de lecture sérotinale en appréciant le coucher de soleil.

La météo nous prévoit par-ci, par-là, un jour de beau temps, mais la veille au soir les prévisions changent vers une couverture nuageuse plus classique. Cette année, pas de milliers d’Islandais sur la colline d’Arnarhvoll pour le célèbre clapping (húh) fêtant la victoire contre l’Argentine (oui, 1-1 c’est une victoire) à la coupe du monde. L’Euro ensoleillé de 2016 est bien loin. Cette année, c’est dans les bars qu’elle se passe.

J’ai commencé dans ma tête mon déménagement. J’en suis encore loin, mais je fais déjà la liste des choses que je veux faire une fois de retour. Et je fais la liste des choses qui vont me manquer d’Islande. Les deux listes se font déjà bien longues.

Mais je ne suis pas encore parti, et on ne sait jamais vraiment ce qu’il peut se passer. Une lettre, des espoirs ranimés, de longs mois de questionnement, des rencontres, c’est long, 10 mois. Mais ça a été court, 2 ans, finalement. Et 3 ans aussi. Comme quoi.

Mais je ne suis pas encore parti, et je compte bien respirer encore un peu de cet air empli de l’odeur si particulière de l’été islandais qui fut bien longtemps synonyme de jours heureux et qui, j’espère bien, le sera encore un petit peu.

Photo : macareux sous la pluie, Látrabjarg, mai 2016.

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