Lueurs à l’horizon !

Quinze jours. Pas d’angoisses. Tristesse et solitude qui s’atténuent. Ce lundi soir, rentré à la maison, une journée passée sans un moment de pensées négatives. Je ne m’en suis même pas rendu compte. C’est seulement épuisé après mon entraînement de basket que je me suis fait la réflexion.

Ah ça, la réflexion, elle est là. Rien n’est moins sûr que ma prochaine année. Elle sera charnière, je crois. Mieux je vais, plus je me demande si j’ai envie de rester ici. Il faut bien sûr rationaliser. Partir, pourquoi faire ? Reste toujours cette interrogation. Mais cette fois-ci je crois avoir accepté un possible départ. Ne nous emballons pas non plus, je passerai l’hiver prochain encore ici. Je veux rester au moins deux ans dans l’hôtel où je travaille, ce sera forcément plus utile sur un CV si un jour je suis amené à travailler dans l’hôtellerie dans un pays où le marché du travail ne serait pas aussi facile qu’en Islande.

Le travail. Ce n’est pas une mince réflexion. Pour l’instant, je ne me vois pas faire autre chose, et je n’ai pas d’autre idée en tête. J’aime assez la flexibilité que j’ai ici. Demander une augmentation n’est pas un problème, cinq minutes de parlementations et voici qu’elle est acceptée, après six mois dans l’entreprise. Parler à ma manager de partir plus tôt une fois par semaine pour prendre des cours d’islandais n’avait pas engendré de souci, au contraire, j’ai été encouragé. Et voilà qu’il me prend l’idée d’apprendre, sur mon temps libre, l’espagnol. Une langue légèrement plus parlée que l’islandais (et quel plaisir, tant de simplicité !). Je vais donc probablement prendre des cours ici, puis peut-être même en Espagne à la fin de l’année. (Vous le voyez venir ? Oui, passer un mois au soleil en octobre ou en novembre, ça m’enlèverait un mois d’hiver ici et je crois que ça m’aiderait à y survivre.) Prendre un mois sans solde, ça ne semble pas être un problème non plus. Eh, autant en profiter, il paraîtrait même que mon union/syndicat prendrait en charge une partie des coûts. De toute façon, c’est de salubrité publique. C’est exactement comme ça que je l’ai présenté à ma manager. Je ne veux pas passer un hiver entier ici cette fois-ci, je ne sais pas si je tiendrais. “Je peux bien comprendre, on va s’arranger” m’a-t-elle dit. Se sentir soutenu, c’est aussi ça travailler en Islande.

Il est là le dilemme. C’est facile ici. Alors non, tout n’est pas simple et loin de là. Je sais que je ne serai a priori jamais intégré dans la société. Parce que je vois autour de moi, de loin ou de moins loin, des gens qui ont passé cinq, dix, quinze, vingt ans dans ce pays, qui parfois parlent même couramment la langue, et qui finalement ne sont toujours pas chez eux. Même ceux arrivés dans l’enfance. Je sais aussi que j’aurais à faire à des départs, des successions de départs, de gens qui jettent l’éponge, pour qui l’Islande sera devenue compliquée. Parce que ce n’est pas notre langue, et même en la devenant, une fois à peu près apprivoisée, on restera l’étranger. Mais oui il y a dilemme. Parce que quelle entreprise m’aurait embauché en France sans aucun diplôme ni expérience dans le domaine ? Quel hôtel se serait dit, tiens il a une bonne tête, on le prend, puis on le paie comme s’il avait déjà passé un an dans l’entreprise, parce que quand même il a travaillé en agence de voyage ?

Il y a le choix du pragmatisme ou celui du risque, peut-être du cœur. Celui de se rapprocher de la famille ou celui de rester dans mon pays d’adoption.

La question est loin d’être résolue, mais accepter d’avoir le choix est certainement un premier pas.

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2 thoughts on “Lueurs à l’horizon !

  1. Merci pour tes mots et tes réflexions, Antoine, c’est toujours un plaisir de les lire ! C’est une chance de se donner la possibilité de choisir, même si cela ne va pas sans crainte et gros questionnements :)
    Au sujet du marché du travail, il me semble que les pays de culture anglo-saxonne sont carrément plus ouverts que notre bonne vieille France :)

    1. Merci pour tes encouragements :)
      Malheureusement je crois que plus le marhcé du travail est ouvert, moins il y a de soleil, il y a un choix à faire là aussi :P

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