Jour(s) de tempête

C’est difficile, de redémarrer. C’est difficile, de réécrire. J’aimerais, vous ne pouvez imaginer à quel point, vous écrire que tout va mieux, que tout est réparé et que ces dernières semaines se sont refermées, seront oubliées et enterrées. Il est étrange de se sentir seul sans l’être, d’être triste sans en avoir de raison, de douter de tout. Je ne pensais évidemment pas que tout allait se résoudre en quelques jours, loin de là. Et il y a eu des éclaircies, de plus en plus, qui redonnent espoir. Peut-être les vitamines qui font effet. Peut-être le retour timoré de la lumière du jour tant espéré. Puis, des rechutes. Je ne sais pas si l’on s’habitue, mais on fait avec. On pleure un bon coup et puis on en parle, parce que ça fait du bien. Parce qu’il n’y a pas de honte à avoir des faiblesses. D’ailleurs, c’est pour ça que j’en parle ici.

Évidemment, je m’en pose des questions. Je me mets à douter de moi-même, comme si l’Islande et son hiver noir déterraient les fantômes d’autres périodes difficiles de ma vie. Ceux qu’on pensait partis, loin de nous. Peut-être n’est-ce qu’une autre étape dans l’acceptation de soi. Peut-être, je n’en doute pas, y en aura-t-il d’autres.

Ma plus grande peur, c’est celle d’un autre hiver comme celui-ci. Parce que je vais y survivre, à celui-ci, mais est-ce qu’on y survit indéfiniment ? Est-ce que s’y préparer bien en amont suffira ? Je considère un ailleurs, un autre pays. Mais je n’ai pas envie de lâcher, je regretterai forcément de partir à cause de cette faiblesse. Ne progresserais-je pas plus la surpassant ? Un ailleurs plus ensoleillé résoudrait-il vraiment celle-ci ou bien ne ferait-il pas que de la cacher sous le tapis ?

J’essaie de vivre au jour le jour. Je ne compte plus vraiment les “mais merde qu’est-ce que je fais là” quand je me prends la grêle en pleine tête ou comme aujourd’hui, enfermé, quand derrière la fenêtre les éléments se déchaînent. Et pourtant, je n’ai pas envie d’arrêter, pas maintenant, pas comme ça. Si je le fais, je le ferai bien. Mais pas en cédant à une instantanée tristesse.

J’ai des options, des choix. Et j’ai de la chance, rien ne m’enferme dans l’un des choix. Mais on verra plus tard, la dernière chose à faire maintenant serait de précipiter un choix qui ne serait pas assez réfléchi. Demain, après-demain, il refera beau, au sens propre comme au sens figuré, et je profiterai à nouveau de ce pays que j’aime malgré tout et de sa lumière infinie qui arrive pas à pas.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s