22h56.

Le sol est humide et les quelques flaques reflètent la lumière orange, blafarde, du lampadaire. Une légère odeur de fumée se disperse dans ma rue. Une légère odeur d’automne. Cette saison où le matin je me demande si j’aurai besoin de gants pour aller à vélo au travail. (Oui, j’en aurais bien eu besoin.)

La température varie entre 7 et 9°C depuis deux semaines. Il fait froid, en sortant des vestiaires pour rejoindre le bassin de la piscine. Je cours, les muscles se tendent, et le froid pénètre au plus profond. Je suis dans l’eau chaude, mais la tête en dépasse et le vent vient chatouiller les tympans.

La nuit. La nuit est là quand je vous écris depuis déjà quelques temps mais j’ai encore quelques lueurs qui m’accompagnent sur la route du matin. Le soir, c’est déjà trop tard. On allume les bougies et on ferme les rideaux, la réception de l’hôtel revêt ses costumes hivernaux. J’anticipe. J’ai commencé à prendre les vitamines et l’huile de foie de morue avant-hier matin. Je n’ai jamais fait ça aussi tôt mais je dois dire que l’automne précédent me hante encore. J’ai eu quelques flashs de déjà-vu, alors on va tâcher de faire mieux que l’année dernière.

Quatrième automne. Troisième de suite. J’ai déjà envie de voir la neige arriver, mais elle tarde. Sur l’Esja, la montagne d’en face, la seule neige est celle de l’année dernière. D’ici, il semble qu’il n’en reste qu’un tout petit mètre carré. Étrange. Les automnes précédents, Septembre avait déjà recouvert de blanc son sommet.

L’automne est doux, et il est différent. Il n’a pas encore tant plu. Difficile de battre les records de l’année dernière. Il est assurément différent. Je suis réceptionniste. J’avais peur que les clients soient plus chiants que ceux de l’agence de voyage, mais non, bien au contraire. On a un gros avantage, dans un hôtel : les clients, mêmes les cons, ne restent jamais beaucoup plus que quelques nuits.

Alors je suis content. Pas quand le réveil sonne à 6h56 non (oui je ne mets mon alarme qu’à des heures non rondes. Je n’aime pas les heures rondes). Non, mais à la fin de la journée j’ai l’impression d’avoir passé une bonne journée. Fatigante, bien sûr, même exhaustive, comme on (ne) dit (pas). Je ne me sens pas stressé. Il y a évidemment des petits pics de temps en temps, mais il n’y a pas de stress qui se reporte de jour en jour. Quand il est 20h, la journée se termine et on en reste là.

D’ailleurs, il est 22h56, et on en restera là.

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