Quelques jours d’été 

Ils sont tout de même rares, les soirs ou rester en habits d’été ne provoque pas un rhume instantané. Il est 21h30, et je suis encore en t-shirt dehors sans avoir froid. Je suis assis au bord de la mer dans ce qui semble être une sorte de filet de pêche recyclé en siège, à quelques pas de chez moi, pour y lire quelques lignes de Jón Kalman Stefánsson. Aujourd’hui, j’ai fait mon quatrième jour dans mon nouveau travail. Je suis réceptionniste dans un hôtel, en centre-ville de Reykjavík. Le changement a été le bienvenu, l’été a été porteur de nouveauté et ce pour mon plus grand bien. Et je suis là, assis face au soleil encore chaud d’un vrai soir d’été comme il n’en arrive jamais après une journée de travail où mon cerveau a emmagasiné des dizaines d’informations en trois langues différentes.

C’est vrai que la météo n’est pas toujours un cadeau et que les hivers peuvent sembler longs, encore que ça fait des excuses pour rattraper les séries en retard, mais rien qu’un jour de soleil comme celui-ci fait tout oublier. Il nous rappelle – comme s’il le fallait encore – que c’est un si beau pays d’une certaine manière parfois clément. Si j’ose me plaindre, cet hiver, rappelez-moi ceci.J’ai eu de la chance, n’empêche. Avoir ces températures – plus de 20°C – à mon retour de trois semaines en France c’est plutôt agréable comme transition.

C’était un beau mariage dont j’ai pu être le témoin. Enfin, beau, non. Parfait. Rien à redire si ce n’est que je suis fier d’eux.

J’ai dû certes répéter maintes fois les mêmes poncifs sur l’Islande à beaucoup d’invités et non je ne sais pas quand je rentre et oui j’ai chaud ici en France et non l’islandais n’est pas si difficile à apprendre et non je ne m’ennuie pas et non il ne fait pas nuit tout le temps mais comment tu dors alors qu’il fait jour tout le temps… Mais d’un côté je comprends, ce sont des informations qui font échapper de leur quotidien ceux qui me la posent, mais ils omettent que j’ai aussi mon quotidien parfois répétitif, que tout n’est pas un rêve (enfin si, mais je ne vais pas leur dire parce qu’après il y aura de la jalousie).

Et ce soir il ne m’en faudra pas vraiment plus que ce soleil, cette quatrième journée de travail, et ces pensées pour pouvoir m’endormir en me disant que je suis heureux.


Somehow they are rare. These evenings when one can keep wearing summer clothes until late without instantly getting cold. It is 21:30 and I am still outside, facing the sea, sitting in what looks like recycled fishing nets (yes, that is comfortable), a few steps from home, reading a few sentences of Jón Kalman Stefánsson. Today was my fourth day at my new job as a receptionist in a hotel downtown Reykjavík. Changing was exciting and this summer has been carrying new things. And I am sitting here, facing the sun, still hot like during a real summer evening like it never happens, after a workday during which my brain has been storing dozens of informations in three different languages.

It is true that the weather is not always perfect here and that winters may seem long, although it makes excuses to catch up some TV series, but a sunny day like today makes forget that. It reminds me – as if it still needed to be – that it is such a beautiful country. If I dare to complain, this winter, remind me of this.

I was lucky, though. Having these temperatures – over 20°C – while I am back from three weeks in France is rather pleasant transition.

It was a beautiful wedding that I witnessed. Well, beautiful, no. It was perfect. Nothing to complain about except that I am proud of the couple that was in the spotlights.

I had to repeat many times the same clichés on Iceland to most of the guests, no I do not know when I will come back and yes I feel hot here in France and no Icelandic is not that difficult to learn and no I am not bored and no it is not dark all year but how do you sleep while there is daylight all the time… But somehow I understand. These informations make the askers escape their daily life, but they seem to forget that I also get a daily life and that not everything is a dream. Or is it?

And this evening I won’t need much more than the sun, the fourth day of work, and all these thoughts to be able to fall asleep reminding me that I am happy.

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