J’ai rallumé la lumière – I switched on the light, again

Et je vous écrirai pour me plaindre. Je vous avais prévenu il y a deux mois. J’ai rallumé la lumière, il est 22h20 et il fait nuit. Oh, c’est encore bien tard à vos yeux, certainement, mais c’est tôt. On s’habitue vite au luxe lumineux. J’ai l’impression de ne parler que de ça, alors je vais essayer de changer, mais ça donne un fil directeur à mes articles.

J’ai un peu manqué à ma tâche dans l’écriture lors de ces deux derniers mois. J’écris un peu pour moi-même dans un petit carnet, et voilà : j’en oublie de vous écrire. Il faut dire que le mois de juillet a été bien dense. Je ne sais plus exactement ce que j’ai fait, mais je crois que j’ai été bien occupé pendant les week-ends. À commencer par ce petit week-end dans l’intérieur des terres, week-end improvisé lorsqu’un 4×4 nous est tombé sur les mains. Et sur les pistes, on s’est fait plaisir. Je n’avais pas prévu de retourner à Landmannalaugar cet été, mais je ne pouvais pas dire non ! J’ai passé mes premiers gués en voiture, mais je n’ai pas pu conduire, je ne peux pas cacher le fait que je n’étais pas rassuré du tout. Pourtant ça a eu l’air facile une fois la rivière traversée. Et elles valaient le coup, au vu des paysages.

Je ne sais plus si je dois écrire les petites anecdotes ou faire un résumé exhaustif de mon été. Par flemme, je vais sauter directement au week-end du 30 juillet, dont le lundi, 1er août, été ferié. Un week-end prévu, lui, de longue date, dans les fjords de l’Est.

Oui, je vous entends, en bons spécialistes de la géographie islandaise, vous étonner. “C’est loin, c’est à 800 km de Reykjavík, comment peut-on aller là-bas en trois jours ?”

Prenez des personnes motivées et un peu folles qui se supportent, et vous voilà partis. De nuit. Cela implique :

  • des arrêts dans toutes les stations-service d’Islande pour : un café – une pause-pipi – l’achat intempestif de bonbons – un besoin de se dégourdir les jambes – le plein à faire.
  • des pauses dans les lieux les plus touristiques d’Islande à des heures pas possibles : Seljalandsfoss à 22h (le plus acceptable, qui nous a permis d’apprécier le coucher de soleil), puis des plus délirants comme Seljavallalaug (la vieille piscine sous l’Eyjafjallajökull) pour une baignade entre minuit et 2h à la recherche d’aurores boréales inexistantes vu la luminosité de la nuit, un arrêt à Skógafoss, de nuit, à 2h30, en prenant soin d’éclairer les tentes du camping aux phares de la voiture, où l’on ne devine la cascade que par son son, une pause au Jökulsárlón à 7h, sans UN SEUL bus de touristes ni zodiac ni bateau (ni icebergs d’ailleurs, à croire qu’ils n’étaient pas réveillés non plus), seul un photographe qui tire la gueule parce qu’on vient lui gâcher son spot (surtout quand on court partout comme si l’on venait de dormir 10h d’affilée – parce que oui, le non-sommeil a cet effet sur moi)
  • une conduite de nuit entre 2h et 4h à apprécier le timide lever du soleil, qui à peine apparu, te rappelle que tu n’as pas fermé l’œil de la nuit et que, peut-être, il est temps de dormir, et que ton corps décide de laisser tomber ta tête pendant que tu conduis et de te réveiller immédiatement en disant “on me remplace au volant”
  • des siestes dans des lieux classes, pour ma part un petit somme sur le parking du Parc National du Skaftafell entre 5h et 6h30
  • une heure et demie de sommeil au total

Mais, toute cette souffrance (oui, plaignez-moi) n’était pas vaine, pour découvrir la magnifique ville d’Egilsstaðir.

C’est une blague. C’est moche. (Oui, il y a des trucs moches en Islande, comme les maisons toutes grises du boulevard Hringbraut.)

Le vrai intérêt était les fjords de l’Est, et même l’un en particulier, dont je suis tombé amoureux (j’ai l’amour facile quand on en vient aux paysages) : le Mjóifjörður. Sérieux, c’est magnifique. L’unique route d’accès, ses lacets, son col, sa vue brumeuse et ensoleillée à la fois, tout cela a valu des dizaines d’arrêts photo-appréciation des paysages. Et de toutes ces cascades à flanc de montagne, qui n’ont pas de nom (que nous appelleront donc Jolies-fossar, au singulier Jolie-foss), et qui, si elles étaient situées sur la côte Sud, auraient déjà un parking, des toilettes (et la tirelire qui va avec), et le camping-car garé là, qui y a passé la nuit. Là, non, personne, ou presque. Et au bout, ce café dans le gymnase de ce qui est l’école, qui accueille à l’année 5 élèves, dans un fjords qui n’a que 48 habitants. Imaginez le décor. Quelques fermes à l’abandon, une station-service sans service (et presque sans station puisque ce n’est qu’une cuve), un “village”, une épave rouillée sous un ciel couvert de nuages bas ressortant les couleurs vertes des montagnes se reflétant dans la mer calme…

Si un jour je me retire de ce monde, retrouvez-moi là-bas. Mais attention, la route n’est ouverte que la moitié de l’année.

 


English version

And I certainly will write to you to complain. I warned you two months ago. I switched the light again, it is 22:20. And it is night. Oh, it’s still late for you, but it’s early when you get used to the brightness. Do I only speak about this here? Let’s say it’s because it gives a common thread in my articles.

I somehow missed my task of writing to you during the last two months. I write a little for myself in a small notebook, and now I forget to write to you. It must be said that July was quite intense. I do not remember exactly what I did, but I think I was very busy during the weekends. Starting with this little weekend in the highlands, that was totally improvised  when a  4wd vehicle fell into our hands. I had not planned to return to Landmannalaugar this summer, but I could not say no! We’ve crossed rivers, and that was my first time in a normal car (no, I didn’t drive myself, I was too scared). And it was worth it.

I do not know if I should write the details of my Summer or a comprehensive summary. By laziness, I’ll jump to the last weekend July, which Monday was free. This weekend was planned and expected, in the East Fjords. Yes, I hear you, good specialists of the Icelandic geography, you all wonder. “It’s far, it is 800 km far from Reykjavik, how can we go there in three days?”

Well, you only need motivated and a little crazy people and let’s go.

By night.

That implies :

  • Stops everywhere in Iceland in service stations for: a coffee – a pee break – buying candies – stretch your legs – fill up the car with gas.
  • Stops in the most touristic places of Iceland anytime: Seljalandsfoss at 22h (the most acceptable, which let us enjoy the sunset) and crazier as Seljavallalaug (the old pool under Eyjafjallajökull) for a swim between midnight and 2 am looking for invisible auroras, a stop at Skógafoss, at night, at 2:30, lighting up the tents with the lights of the car, where no one can see the cascade except thanks to the noice, a pause in Jökulsárlón at 7am without any tourist bus or zodiac or boat (or icebergs, probably sleeping too)
  • night driving between 2 and 4, enjoying the shy sunrise, reminding you that you have not slept at all and, perhaps it is time to sleep, and your body decides to drop your head while you drive and wake you up immediately, saying “replace me now”
  • naps in beautiful places like the parking lot of Skaftafell National Park between 5 and 6:30
  • 1:30 sleeping in total

But all this suffering (yes, you can feel sorry for me) was necessary in order to discover the beautiful town of Egilsstaðir.

It’s a joke. It’s ugly. (Yes, there are ugly things in Iceland, like all the gray houses on Hringbraut Boulevard)

The real interest was the East Fjords, and even one in particular, which I fell in love with (I fell in love easily to landscapes): the Mjóifjörður. Seriously, it’s beautiful. The only way to go there is outstanding, with all the waterfalls with no name (that we will name “Jolies-Fossar“, a French-Icelandic neologism), waterfalls that would be so touristic if they were on the South Coast. But here, no camper van parked. Not even a parking lot, actually. Just us, the landscape, the fog, the green cliffs and the reflection on the water.

If I have to leave this world, one day, you’ll find me there. But be careful, the road is only open 6 months a year.

 

Landmannalaugar
Landmannalaugar
Landmannalaugar
Landmannalaugar
Le col Öxi.
Le col Öxi.
Hengifoss
Hengifoss
La route pour le Mjóifjörður
La route pour le Mjóifjörður
Au bout du bout : le Mjóifjörður
Au bout du bout : le Mjóifjörður
Des Jolies-Fossar
Des Jolies-Fossar
Le Mjóifjörður
Le Mjóifjörður
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2 thoughts on “J’ai rallumé la lumière – I switched on the light, again

  1. La première photo de Landmannalaugar est époustouflante! Le contraste entre la couleur de l’eau et celle des volcans est vraiment magnifique.

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