Soleil sans fin – Endless sun

Je m’applique à reprendre la plume de temps en temps. J’ai des milliers de choses à écrire mais il y en a certaines que je ne pourrai pas publier ici, par manque de temps, de courage ou par pudeur.

Mon mois de juin a commencé par des émotions, avec son départ. C’était prévu, c’était le contrat. Mais quand la date arrive on se rend compte que tout est allé vite.

Vite, c’est bien le mot depuis que je suis ici. Ça fait maintenant presque neuf mois que je suis ici, et quand on me pose la question du retour, je me rends compte que je ne me la pose plus vraiment. Je ne me vois pas revenir tout de suite. Bien sûr, tout n’est pas parfait, mais construire quelque chose sur cette île est un défi qui m’intéresse. Tout n’est pas parfait, et c’est normal. Je ne m’étendrai pas ici sur ces imperfections – ce n’est pas le but de l’article – et si j’ai envie de rester, il y a bien des raisons.

Voir la France de loin a quelque chose d’appréciable. Voir le monde de loin, aussi. Il y a comme un filtre qui s’est installé, qui m’épargne les montagnes de mauvaises nouvelles ou de violence qui traversent les océans. Les tueries, les attentats, les violences policières, ici je ne ressens plus vraiment les émotions que j’aurais pu avoir en vivant à Paris. Et ça, c’est une des principales raisons qui font que je vais rester ici. Par égoïsme, peut-être, mais enfin qui voudrait d’une vie vécue dans la peur ?

L’hiver semble si loin – oui je crois que je vous l’ai déjà dit dans les quatre derniers articles – alors que le soleil ne se couche plus. Le soir, tu enchaînes films et séries pour te rendre compte qu’il est déjà 1h du matin et que le soleil commence déjà à remonter. Tu vas en soirée, tu ressors le ciel est totalement lumineux. Le solstice est proche, nous en sommes au maximum, et quelle étrange sensation de se coucher quand le soleil se lève !

J’ai réussi à prendre de gros coups de soleil lors de séances de bronzage intensif – mais bien involontaire – sous 22°C en plein soleil pendant des heures. En même temps, pourquoi ne profiterais-je pas de ces quelques jours de véritable été, qui permettent de prendre, une fois n’est pas coutume, le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner en terrasse ?

Dans deux jours, le soleil commencera sa descente vers l’hiver aussi rapidement qu’il l’a fait pour augmenter la durée du jour.

Et je vous écrirai pour me plaindre, assurément.


I try to write to you from time to time. I have thousands of things to write, but there are some that I won’t publish here, because of a lack of time, of courage or of modesty.

June began with emotions when he left. It was expected, it was the contract. But when the time comes you realize that everything went so fastly.

Fast is probably the best word to describe my stay here. It’s been almost nine months that I am here, and when we ask myself back, I realize that I don’t ask myself anymore. I don’t see any comeback. Of course, nothing is perfect, but be able to build something on this island is a challenge I like.

Be able to see France by far is something appreciable. See the world from a distance, too. There is like a filter that is installed, which saves me the mountains of bad news and violence that cross oceans. Killings, bombings, police violence… here I don’t really feel the emotions that I could have had while living in Paris. And that is one of the main reasons to make me stay here. Selfishness, perhaps, but who wants fear?

The winter seems so far away now – I think I’ve already said that in the last four articles – when the sun never sets. In the evening, you watch films and series and then you realize that it is already 1:00 and that the sun is already beginning to rise. You go out in the evening, you get out the sky is completely bright. The solstice is near, we are at the maximum, and what a strange sensation to go to bed when the sun rises!

I also managed to take big sunburn during intensive sunbathing – but unintentional – under 22°C (what other choices I had but to enjoy that?). And, once will not hurt, having breakfast, lunch and dinner on the terrace…

In two days, the sun begins its decrease towards winter as quickly as it has done to increase the length of day until now.

And I certainly will write to you to complain.

DSCF8780
Un macareux moine, symbole de l’arrivée de l’été, dans les Fjords de l’Ouest
DSCF8882
Un fjord qui sort de l’hiver.
DSCF7566
Soleil de minuit, et aucun filtre.
img_7712
Hier dans la nuit, il est 3h50.
img_7693
Avant-hier, 1h15.

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s