Il y a des belles histoires à raconter… (Snæfellsnes)

J’aurai tant de choses à raconter… Et celle-ci restera probablement dans le best of. Une preuve que les Islandais sont décidément pas pareils que nous. Dans le bon sens du terme.

Nous voulions bouger de Reykjavík ce week-end. Il faut dire que les examens approchent pour tout le monde (pour moi les 4, 5 et 12 décembre). Alejandro, Cynthia, Valérie, Willy & moi nous destinons au Snæfellsnes, péninsule de l’Ouest islandais. Ou à Reykjanes, ça dépend des routes.

Le site des routes islandaises doit nous indiquer les routes que l’on peut emprunter ou non. Mais parfois il a tort.

Bon, Reykjanes (la péninsule au Sud-Ouest) étant un peu plus rouge qu’actuellement, avec une route vraiment fermée, nous optons pour le Snaefellsnes, où la route du Sud était bleu clair, mais le bout à l’Ouest jaune et le Nord de même.

À l’agence de location de la voiture, je me renseigne sur la “faisabilité”. D’après eux, il n’y a aucun problème, ça passe tout seul. Ok.

Nous partons donc à 7h30 dimanche matin. Après un peu moins d’une heure de route, nous atteignons Borgarnes. Et déjà, un peu de neige sur et autour de la route. Mais ça ne nous impressionne plus, ce n’est pas non plus les Westfjords !

Le premier arrêt, c’est Gerðuberg, falaise constituée de colonnes de basalte. Il est 9h30 et le soleil n’est pas encore levé. Il fait à peine jour.

Gerðuberg.

La route commence a être jolie, avec les couleurs du lever de soleil. Mais la route est aussi glissante. Ce n’est pas une surprise, c’était prévu, mais c’est bel et bien vrai. Jusque-là, on maîtrise. Un peu plus loin, peu avant le lever du soleil, nous faisons un petit photo-stop. Je freine. Le freinage est très saccadé. Mais nous nous arrêtons tout de même. Sortant de la voiture, glissant sur la route malgré mes nouvelles chaussures de marche, je me demande bien comment la voiture peut mieux tenir que mes pieds.

10h15.

Au deuxième arrêt photo, cette fois-ci pour le lever du soleil, à 10h29, on s’amuse de la route, glissant dessus, tout en admirant le paysage qui nous entoure.

Lever de soleil, 10h29.

Hraunsmúli.

Le vrai arrêt suivant – et programmé – était Buðir, joli petite église dont mon Petit Futé disait que tout le monde souhaitait y être enterré tant les alentours sont paisibles. Je confirme.

Le Snæfellsjökull, glacier qui a donné son nom à la péninsule. C’est aussi le volcan (sous-glaciaire) d’où commencent les aventures du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne.
Sobriété absolue.
Vu de l’église.
Une église s’est glissée dans l’immensité du paysage. Saurez-vous la retrouver ?

Nous continuons le chemin et atteignons le croisement de la route 54 et de la route 574 que nous empruntons. Nous quittons la route “bleue” pour la route “jaune”, un peu meilleure au niveau conditions, normalement.

Eh bien raté ! D’un coup comme ça, nous nous mettons à rouler sur une plaque de verglas géante, de la largeur de la route et d’une longueur de plus de 10 kilomètres et de 2 centimètres d’épaisseur. Mais nous ne le savions pas encore. Je ne maîtrisais plus vraiment. Un kilomètres après le début, la route monte. C’est un virage, penché vers ma droite. J’essaye de remonter sur la voie de gauche pour atteindre le bord de route et la terre pour y mettre au moins 2 roues, mais la voiture décider de glisser vers la droite. Je braque, je braque, mais rien n’y fait. Alors je stoppe. Au milieu de la route. Vraiment au milieu.

La situation est néanmoins cocasse.

Une voiture de touristes qui nous suivait, nous voyant s’arrêter, s’arrête elle-aussi, 500 mètres avant sur du plat, mais ils réussissent à faire demi-tour. Pas nous. Il faut dire que je sais pertinemment que si j’essaie de bouger la voiture, elle partira sur le côté. Et ce n’est pas drôle, c’est une voiture de location. Un 4×4 arrivant dans l’autre sens s’arrête pour discuter avec nous. Ils appellent pour nous le 112 (numéro d’urgence européen), pendant que j’appelle l’agence de location. Ils nous expliquent que les Islandais, eux, apprennent à conduire dans cette situation. Mais qu’ils trouvent étrange que nous n’ayons pas des pneus cloutés. Nous aussi.

Le 112 appelés, ils repartent, et on attend. Toujours en plein milieu de la route, deux d’entre nous avançons en haut du virage pour éviter le freinage d’urgence d’une éventuelle voiture arrivant en face. Et ça n’a pas manqué. Une voiture freine, mais les roues se bloquent et elle continue d’avancer, pour finalement se stopper à un peu plus d’un mètre de la voiture.

Une autre s’arrête pour nous venir en aide. Il insiste pour prendre les clés de la voiture et nous la garer sur le côté et nous faire faire demi-tour. Je lui confie non sans peur. Mais comme le 4×4 disait tout à l’heure, les Islandais connaissent ce genre de situation. Nous avons maintenant deux roues sur le côté de la route. Non seulement je ne me sens pas capable de repartir avec deux roues sur de la glace et deux autres près du vide, mais en plus, cela fait plus d’une heure et quart que nous avons appelé le 112. Une autre voiture s’arrête. C’est une dame qui vit non loin de là. Elle ne peut rien faire pour nous, mais nous donne son numéro de téléphone, au cas-où le 112 ne viendrait pas nous chercher, auquel cas elle viendrait.

Une heure trois quart après, le 112 arrive, un 4×4 aux roues immeeeeeenses vient nous chercher, et un des deux “sauveteurs” emmène notre voiture avant le début de la plaque de verglas géante. Arrivés là, Valérie leur demande si Arnarstapi est loin et si l’on peut y aller à pied. Islandais de leur état, ils nous proposent de nous y emmener !

Déposés à Arnarstapi, nous randonnons un peu pour s’approcher du glacier. Et puis nous découvrons (redécouvrons pour moi) le village et ses falaises.

Le glacier Snæfellsjökull vu d’un peu plus haut qu’Arnarstapi.
Le village d’Arnarstapi, la route, la mer.
Le fameux troll d’Arnarstapi, contrée des légendes et des sagas islandaises.
L’arche bien arrondie d’Arnarstapi.
Jolies couleurs.

La nuit tombait donc sur Arnarstapi et nous devions encore rejoindre la voiture, garée à 4 kilomètres de là. Un bus touristique de Reykjavík Excursion se trouvait là. On leur demande s’ils passent à l’endroit où nous sommes garés. Ils acceptent de nous y emmener. Parfait.

La voiture retrouvée, nous repartions sur Reykjavík. Conducteur, j’étais content d’atteindre Borgarnes après 1h30 de route encore légèrement verglacée et parfois enneigée. Mais quelle journée !

Plusieurs personnes m’ont posé la question de savoir comment je décrirais les Islandais. J’aurais bien du mal à faire ressortir un adjectif spécifique. Mais je crois que cette histoire est bien l’illustration de ce qu’ils sont. Habitués à des conditions parfois difficiles, ils ont le cœur sur la main quand il s’agit d’aider quelqu’un en difficulté. Ils ne sont pas forcément chaleureux dans le sens où, en temps normal, ils ne viendraient pas forcément vers toi, mais tu sais que tu peux compter sur eux. Attentifs et serviables peut-être. Mais je n’ai pas encore trouvé les adjectifs qui les décrivent mieux que ça.

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2 thoughts on “Il y a des belles histoires à raconter… (Snæfellsnes)

  1. Je veux bien mille plaques de verglas pour des paysages comme ça!
    Mais c’est vrais que ça me fait un peu flipper aussi…!
    superbes articles en tout cas, et tes photos sont très chouettes aussi!
    profite bien des derniers jours labas!

    1. C’est vrai que ça met du piment à la visite, mais ça n’a pas empêché d’avoir des superbes paysages (on a eu de la chance de ne pas être bloqués dans un blizzard ou dans la nuit, tout simplement !)
      Quand tu viendras, demande des roues cloutées, pas le choix… Surtout que même avec les clous on en a vu qui avaient un peu de mal ;)
      Merci, plus que 17 jours… :(

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