Vestmannaeyjar, l’île dans l’île

Difficile de faire plus insulaire que l’Islande ? Raté, c’est possible. Les îles Vestmann (ou en version originale Vestmannaeyjar) sont un petit archipel volcanique du Sud de l’Islande. Peuplée de quelque 4.000 âmes, l’île principale (la seule accessible par des moyens de transport publics), Heimaey, a subi en 1973 une importante éruption (mais aussi la seule à la connaissance des humains) formant un nouveau cratère, ajoutant aussi près d’un sixième de territoire à l’île.

Aussi, Surtsey, île “créée” dans les années 60 par des explosions volcaniques, est venue compléter l’archipel. Nouvelle île, sans faune ni flore, a été protégée dès sa création (classée immédiatement par l’Unesco), afin d’étudier le peuplement de l’île par la nature, mais sans l’intervention de l’homme. Portés par les vents, les végétaux se sont installés, vite rejoints par les animaux venus à la nage, ou par le vent eux-aussi.

D’ailleurs, l’album de Tintin “L’Île Noire” est traduit “Svaðilför í Surtsey”. Mais je ne sais pas si cela a un rapport.

Notre voyage commence de Reykjavík, à 7 h 30. Nous prenions le bateau à 10 h. Sur la route, le lever de soleil, mais aussi et surtout une tempête de cendre/poussière qui vient effleurer les vitres de la voiture. Il faut dire que le vent souffle autour des 70 km/h, au moins.

Dans le bateau, relativement stable, Willy, Valérie, Joachim et moi attaquons une partie de cartes. De courte durée, parce que la vue à l’arrivée est splendide. Des falaises plongent dans l’eau et font penser aux îles Féroé. On a envie de sortir, pas de doute.

La voiture enfin échappée de la gueule du bateau, nous commençons par nous diriger vers le Nord et grimpons le Klif, sommet de 226 mètres aux pentes bien abruptes et érodées. D’ailleurs, le chemin parcourt quasiment exclusivement un passage d’éboulement (mon genou s’en rappellera). Mais la vue est tout de suite superbe. Le vent souffle bien (probablement autour de 80 km/h) et nous oblige à se forcer pour tenir en équilibre, à fermer les yeux pour éviter la poussière. Et surtout à faire attention à ne pas tomber de la falaise ! Mais qu’importe la poussière, nos yeux n’en ont que pour les splendides panoramas.

Le port d’Heimaey, en grimant sur le Klif.
La ville vue du Nord, sur le Klif.
En haut du Klif.
En haut du Klif, encore.

Après être redescendus -plus en glissant qu’en marchant, nous traversons la ville une première fois pour atteindre la fin de la coulée de lave de 1973, qui s’est arrêtée, après avoir détruit près de 400 maisons, au pied de l’ancienne église, et au milieu d’une citerne en béton proche de l’ancienne piscine.

La citerne à moitié mangée par la lave de 1973.

Et puis, faisant de plus en plus face au vent (sûrement de plus en plus proche des 100 km/h), nous montons l’Eldfell, la montagne de feu, cratère formé en 1973 de 221 mètres de haut, en empruntant un chemin qui débute à la gauche d’une grande croix de bois. Peut-être un hommage à l’unique victime de l’éruption. Mais étrange, au milieu de nulle part, au pied du cratère. Bref, la montée est un peu difficile tant le vent souffle. Et l’arrivée en haut est bien pire. Les pentes de chaque côté sont fortes, et le vent semble jouer avec nous comme des pantins. Nous l’avons quand même bravé pour apprécier la vue et prendre quelques clichés.

Montant sur l’Eldfell.
La ville vue de l’Eldfell, qui la regarde un peu plus paisiblement qu’en 1973.
Des gens, du vent, un précipice.
La nouvelle partie de l’île vue de l’Eldfell.

Redescendus vivants, nous partons vers l’extrémité Sud de l’île, Stórhöfði, pour apprécier la vue sur les autres îlots de l’archipel, puis vers les plages de Brimurð et Víkin.

Les autres îles, au Sud d’Heimaey, vues de Stórhöfði.

Nous revenons vers la ville, et stoppons à Hundraðammannahellir (à mes souhaits), où la vue sur Kaplagjóta est splendide. Le soleil, couchant (comme toute la journée, en fait), vient ajouter quelques petites notes d’orangé.

Kaplagjóta.
Près de Kaplagjóta.

Lieu à voir, le stade. L’équipe des Vestmannaeyjar a terminé deuxième de la 1ère division islandaise, synonyme de qualification pour l’Europa League (coupe d’Europe des clubs pour les non-initiés). Le stade, aux dimensions plus que modestes, laissent à penser que les Vestmannaeyjar seront vraiment les petits poucets de la compétition.

Le stade des Vestmannaeyjar. Je l’avoue, une nouvelle tribune est en construction de l’autre côté du terrain.

Pas encore assez lassés du vent et de la randonnée, nous nous attaquons à l’Helgafell, volcan originel, sommet de 226 mètres. Le vent ne cesse pas et pire, empire. Même si l’on ne veut pas respirer, le vent rentre de lui-même dans nos narines, donnant cet effet de frais, de froid, jusque dans les yeux que l’on peut à peine ouvrir face à ce vent. Mais encore une fois, la vue sur la ville est magnifique.

Coucher de soleil vu de l’Helgafell.
L’Eldfell vu de l’Helgafell.
La ville vue de l’Helgafell.

Heureux de retrouver la voiture, nous faisons notre dernier arrêt avant la nuit noire au “Pompei du Nord”, le cimetière des maisons. Comme je vous le disais un peu plus tôt, 400 maisons ont été détruites pendant l’éruption, après évacuation de tous les habitants. Seule une seule d’entre elles est vraiment visible, puisque la lave s’est stoppée au milieu d’elle, tout simplement.

La coulée de lave au ras des maisons.
Avant l’éruption de 1973.
Après l’éruption. Notez la place du 1er étage.

À 2 mètres de la lave, des gens vivent encore. Leur maison est quasiment contre un mur. Mais comment font-ils pour ne pas craindre les deux cratères qui les regardent constamment ? Comment ne pas penser à la lave si proche ? Pour moi c’est un mystère !

Après cette fraîche excursion, un bon chocolat chaud puis une bonne soupe au Café Maria, et nous reprenions le bateau à 20 h 30.

Encore une fois subissant cette tempête de poussière, nous apercevons une petite lumière sur la falaise, en face. Serait-ce Seljalandsfoss éclairée ?

Seljalandsfoss, de nuit.

Plus loin, sur la route, la consécration : les aurores boréales. Des belles, des vraies, et des superbes photos. Que demander de mieux ?!

Je n’ai pas résisté à l’autoportrait.

Elle est forte, celle-là.

Rentrés à Reykjavík sous la neige (qui tombait horizontalement), nous apercevons encore une fois des aurores boréales. Encore plus belles. Mais à 1 h 30 du matin, il est temps de penser à dormir. Et le vent qui continuait (et qui d’ailleurs allait approcher les 140 le matin même) ne motivait pas vraiment à sortir. Allez, ce sera pour une autre fois. Deviendrais-je Islandais, ignorant les aurores boréales, mêmes les vertes-jaunes-violettes ?

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2 thoughts on “Vestmannaeyjar, l’île dans l’île

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