Westfjords

Nous sommes partis vendredi 5 octobre, avec Valérie, Alejandro, Antoine et Willy dans les Westfjords.

À 18 heures, nous quittions Reykjavík avec notre voiture 5 places et chacun 3 sacs sur les genoux (sauf le conducteur, vous comprendrez facilement pourquoi).

Avant le départ, au complet, la voiture aussi.

Un petit arrêt à proximité de la route number one, à Glanni, probablement les seules chutes d’eau en Islande qui ne terminent pas par le suffixe “foss”.

Glanni.

Nous rentrons dans la région des Westfjords sur la route 60 alors que la nuit est tombée. Mais quelle est cette traînée verte dans le ciel ? À peine 5 minutes passés dans le Nord-Ouest et paf, première aurore boréale. Du coup, arrêt obligatoire !

Première aurore, à peine arrivés dans les Westfjords.

On a essayé de trouver où était le lac Vatnsfjörður, mais la nuit étant déjà bien installée, on a planté la tente où l’on pouvait, près du croisement de la route 60 avec la 62. Nuit un peu fraîche. À 8 heures, il faisait 3 degrés.

Gravel road ahead. Comme souvent.

De jour, on a réussi à trouver le fameux lac où l’on a petit-déjeuné dans un paysage aux couleurs automnales (claaaasse !), et l’on a marché le long pendant quelques heures. Au calme.

Vatnsfjörður, légèrement orangé.
Des mendiants même à 800 mètres d’altitude et malgré les quelques degrés.

On s’enfonçait ensuite dans le fjord le plus à l’Ouest des Westfjords. Et donc au bout de l’Europe. Le plus à l’Ouest. En attaquant la route 612, nous tombons sur un bateau échoué (à Skápadalur), le Garðar BA 64, ici depuis 1982. Un bateau des garde-côtes. Haha.

– “Chef, chef, terre à l’horizon”
– “T’as mis tes jumelles à l’envers, ducon !”
Au moins, c’est dit. On va au bout du monde (de l’Europe, du moins)

Sur une route en terre, même plus en gravier, avec un vitesse conseillée à 20, voire à 10 km/h dans la plupart des virages en lacets (ce qui était plus que compréhensible, parfois 10 km/h était un peu de trop), nous continuons la route vers le Sud de la petite péninsule. La route 614 nous amenait, avec une vue plus qu’imprenable (elle ne rentrait même pas dans mon appareil photo), vers la plage de sable rouge-orangé, Rauðasandur, ainsi qu’à Saurbær, où une petite église en bois peint en noir nous attendait. Légèrement curieux (moi ?), j’ai voulu ouvrir un des volets de la chapelle, qui semblait parée à affronter l’hiver (c’est-à-dire de septembre à juin), mais il m’est un peu tombé dans les bras. On l’a remis à peu près comme il faut quand même.

Beau point de vue. Avec la route, en dessous.
Saurbær.
Immensité du paysage.
Le sable presque rouge de Rauðasandur.

La route 614 étant une impasse, nous avons repris la 612 (qui est aussi une impasse, d’ailleurs) vers l’Ouest, et Hnjótur, un musée de l’aviation à ciel ouvert, puis Látrabjarg, la plus haute falaise d’oiseaux d’Europe. En été on y voit des macareux. En octobre, des mouettes. Uniquement. Mais au point le plus à l’Ouest de l’Europe, nous étions absolument seuls. Pas une voiture de touristes (pas une voiture tout court), pas un bruit à part le vent et les mouettes.

‘paraît que l’US Navy va fermer.
Látrabjarg.

Demi-tour vers Patreksfjörður, sur la route 62, puis Bíldudalur et nous trouvons le graal. Reykjafjörður. Camping gratuit, piscine alimentée naturellement gratuite. L’eau était un peu algueuse, mais nous avions les yeux rivés vers le ciel, étoilé comme jamais, couronné par quelques aurores boréales et étoiles filantes. Le tout dans une eau autour de 30°C. Que rêver de mieux ? Évidemment, la couleur de l’eau nous a obligé à rester dans un coin de la piscine, imaginant les pires scénarios (nous retrouverait-on si quelqu’un venait nous noyer et laissait nos cadavres ici ? D’ailleurs qu’est-ce qui flotte là-bas, un cadavre ? Et c’est quoi ce rire de sorcière ?) – merci Antoine D. -. Après avoir survécu à la piscine, allions-nous survivre au froid qui nous attendait pour cette nuit ? Au réveil, la tente était légèrement recouverte d’une fine couche de glace, et après avoir réussi à ouvrir la fermeture éclair gelée, j’ai jeté un œil au paysage. La neige était tombée, cette nuit. Tout autour de nous.

C’est ti pas classe ?
Grand débat : la route et le paysage sont-ils incompatibles ?
Hier, il n’y avait pas vraiment de neige, là. Et c’est la destination pour l’après-midi, non ?

Téméraires, malgré l’avertissement du site internet islandais sur l’état des routes, nous décidons de continuer. De toute façon, on doit repartir en arrière pour aller visiter la péninsule conseillée par mon prof de “Lanscape, view of nature and land use”, Karl Benediktsson. Après un petit bain dans le hotpot à 45°C, nous reprenons la route (en gravier) vers Sélardalur et Neðribær. La route (619) est belle. Falaise à gauche, précipice et mer à droite. On ne croise personne. Parfait. Un gros rocher nous barre la route mais nous passons. Arrivé au bout du bout, il faut faire demi-tour. Et là, c’est le drame.

Tu roules trop à droite, Willy

Après avoir passé la veille à dire que Willy roulait légèrement trop à droite (et comme nos voyageurs s’en sont bien moqué), je n’ai rien dit aujourd’hui. Donc on a crevé sur quelques belles petites roches. Mais remarque, je préférais crever à droite côté falaise, plutôt que de tomber côté précipice.

Jusque-là, on riait bien. Quelque 500 mètres après, moins.

Le pneu changé, nous continuons à retourner sur nos pas. Repassant devant des chutes d’eau déjà vues trois fois et devant cette piscine si géniale, nous prolongeons le plaisir des Westfjords sur la route 62. On monte, on monte… Mais, c’est tout blanc, là ! Si, si ! La route commençait à être légèrement enneigée. Mais de plus en plus. Et ça n’en finissait pas de monter. Arrivés au croisement de la route 62 avec la route 60, nous ne voyons même plus les traces de pneus qui nous guidaient jusque là. Et rappelons nous, nous avions une roue de secours à la place d’un de nos pneus neige tracteurs ! Nous faisons arrêter le seul 4×4 qui passe dans l’autre sens :

– Can we continue with our car on this road, to Isafjordur?

– You definitively can’t.

Demi-tour ! Enfin non, la route est trop étroite. Donc 5 kilomètres à reculons. À 10-15 km/h grand max.

Oh, que c’est beau la neige autour de la route !
C’est beau aussi avec de la neige sur la route !
Mais, euh… On monte encore longtemps ?
Étais-je aussi détendu que je veux bien le montrer ?

Que faire ? Trouver où dormir ? Surtout que la température baissant, non merci pour la tente ! Nous décidons donc de chercher où changer notre roue. Patreksfjörður semblait le lieu le mieux équipé. Un village de 600 habitants au milieu de nulle part, c’est forcément la solution !

On s’arrête donc à un garage, mais bon, on est dimanche, donc peu d’espoir. Une voiture rouge qui nous suivait s’arrête, demandant si l’on avait besoin d’aide. En expliquant notre problème, notre ami islandais nous parle de son ami garagiste, l’appelle. Il sera là dans une demi-heure, il dépanne des touristes pour l’instant (donc il y avait d’autres touristes !). Entre temps, nous discutons. La traduction de son prénom (plus facile à retenir que son prénom en VO) est “player”. Après nous avoir donnée l’adresse d’une guesthouse et leur numéro de téléphone, il me donne aussi son numéro, au cas-où. Énormes, ces Islandais. Il nous conseille aussi de rester sur Patreksfjörður ce soir, étant donné qu’il avait aussi neigé sur la route que nous avions pris à l’aller (et qui n’était pas enneigée, à l’aller !).

Nous décidons de rester ici. Une petite balade sur les monts autour du village en soirée, et une nuit bien au chaud.

Vue sur Patreksfjörður.

Nous repartons aux aurores, et nous devons tout de même rouler sur la neige. Mais nous sortons vivants et soulagés des Westfjords. Sur le retour, nous faisons quelques arrêts. À Eíriksstaðir, puis à Reykholt, et enfin à Hraunfossar et Barnafoss.

Je pensais qu’on en avait eu assez, non ?
Leifur Eíriksson, fils d’Érik le Rouge, a découvert l’Amérique bien avant d’autres, et l’a même appelée “Vínland”.
Reykholt, son église.
Hraunfossar.
Barnafoss.

Nous arrivons – un peu fatigués, il faut l’admettre – à Reykjavík à 20 heures.

The end.

Où c’était ?

 

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2 thoughts on “Westfjords

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