Pure Iceland

C’est ainsi que je l’imaginais. Des paysages apaisants, démesurés. C’est ainsi que je l’ai trouvée, l’Islande.

J’ai eu la chance de pouvoir parcourir quelques parties de l’île, une sorte de best-of, en 9 jours.

Jour 1

Le 13 août, nous partions de Reykjavík, à l’aventure, sur la route n°1 à destination de “là où ce sera assez joli pour s’arrêter”. Avec nos deux voitures de location de grande qualité (nous y reviendrons), nous commencions notre périple par un arrêt à Urrigafoss, après 78 kilomètres de route. Notez que “foss” signifie chute d’eau. Important quand on voit le nombre de noms terminant ainsi. Urrigafoss, d’après les guides style Routard, ne présente aucun intérêt. Pourtant, à 500 mètres de la route n°1, seul le bruit de l’eau frappant la roche vient déranger le silence. Et cela vaut le détour.

Pour notre première chute d’eau, c’était déjà pas mal !

Après 128 kilomètres de route, nous faisons un pause à Seljalandsfoss. Oui, celle que j’ai en fond d’écran sur mon ordinateur ! Mais que de bonheur de la voir en vrai, en 3 dimensions (en fait en 4, vu la douche que l’on a prise !).

La voir en vrai, après des mois sur mon ordinateur, quel bonheur !

Le kilométrage s’arrêtait à 191 kilomètres quand nous sommes arrivés à Vík. Réputée pour être la ville où la météo est la plus exécrable de l’île, Vík a tenu à nous prouver que cela était vrai. Si la plage de sable noir est très belle, le vent souffle plus qu’il n’en faut. Alors pour camper, c’était assez sympa. Du coup, j’ai dormi dans la voiture.

Vík : la statue qui fait face au vent.

Jour 2

Après une nuit reposante, nous reprenions la route vers l’Est.

Étendues mousseuses à perte de vue…

Des zones de lave recouvertes aujourd’hui de mousse s’étendent à perte de vue. Au bout de 291 kilomètres parcourus, nous atteignons Krossárfoss, une chute d’eau banale.

Krossárfoss

Vers 16 heures, nous débarquons au parc national de Skaftafell.

Skaftafellsjökull

Petit aperçu rapide du glacier (c’était la première fois que j’en voyais un d’aussi près !), et puis d’une autre chute d’eau, Hundafoss. Pressés par le temps, nous ne pouvions aller jusque Svartifoss, cascade sur fond basaltique.

Hundafoss. Ici aussi, le “naming” existe, comme pour les stades ^^

C’était pour une raison toute simple : voir Jökulsarlón avant la nuit. Jökulsarlón, c’est un lac alimenté par le glacier Breiðamerkurjökull, où se forment de splendides icebergs. Deux James Bond ont été tournés là-bas. Un avec Roger Moore, l’autre avec Pierce Brosnan. C’est pour le deuxième que la production a fait geler le lac en entier ! En tout cas, l’accélération du voyage était ô combien nécessaire, et l’arrêt sur le lac était indispensable.

Jökulsarlón, impressionnant lac aux icebergs.

Maintenant à 463 kilomètres de Reykjavík, nous passons la nuit à Höfn, petite bourgade avec mon regard français, grande ville avec l’islandais. En camping sauvage, nous avons planté nos tentes de nuit. Pour cela, les phares étaient restés allumés (mais sans le moteur, évidemment).

Jour 3

On the road again.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la voiture refusait de démarrer. Serviables, comme l’indique leur réputation, les Islandais sont venus à notre rescousse, et c’était reparti pour la journée.

Nous avons décidé de prendre notre temps et de faire un tour à la piscine de Höfn (ouverte de 6 heures à 23 heures, entrée pour environ 300 kr., soit 2 €, c’est tout). Les jaccuzzis à 37 ou à 40°C, au choix, les toboggans… Tout cela en extérieur, s’il vous plaît !
De quoi être en pleine forme pour continuer le périple. Premier arrêt au bout de 567 kilomètres de voyage au total, à Djúpivogur. Des bains chauds en pleine nature, aménagés mais en accès libre, devant un paysage quasiment vierge de toute construction humaine, quelle sensation étrange ! À la recherche d’un point de vue, trop loin pour l’atteindre à pied, nous avons pique-niqué au bord de l’aéroportdrome.

Djupivogur, bains en pleine nature.
Piste pour Airbus.

Sur conseil d’un du cru, nous quittons la route n°1 pour gagner une heure d’une pénible route côtière. Au niveau de Melshorn, nous quittons l’highway, comme ils disent, pour la route n°939. Il faut savoir que peu de routes sont réellement goudronnées en Islande. Si la route n°1 l’est dans son entièreté, si l’on met de côté une petite vingtaine de kilomètres, il n’est pas rare d’emprunter des chemins de terre ou de graviers. Où la vitesse est limitée à 80 km/h, au cas-où on voudrait vraiment dépasser.

Une belle route en bon état.

La route n°939 nous obligeait plutôt à tourner autour des 50 km/h, d’autant qu’un brouillard épais s’était installé sur la vallée de Berufjarðará. Jamais le klaxon n’avait autant servi ! Au dessus des nuages, nous trouvions une sympathique cascade, après 600 kilomètres de route.

Berufjarðará

Décrétant qu’il n’y avait rien à voir dans l’Est du pays, nous avons accéléré la marche en direction d’Egilstaðir où la pause fut brève. C’est finalement aux chutes de Detifoss et Selfoss que nous avons posé les tentes, près de 829 kilomètres depuis Reykjavík. Que dire sur ces chutes ? Incroyable. Les plus belles que je n’avais jamais vues. Il était 22 heures, personne à l’horizon. Le soleil, lui, commençait à passer de l’autre côté. Les couleurs orangées, uniquement le bruit de l’eau, ce sont des moments comme cela que l’on a envie de partager. Ce paysage restera sans nul doute dans le top 3 de ce voyage !

Detifoss
Selfoss

Jour 4

Juste 40 kilomètres à parcourir, et nous voilà à Reykjahlið. Nous avons décidé de dormir là pour pouvoir épuiser le secteur de tous les sites intéressants à voir.

Cela commençait par Grjotagjá, grottes d’eau chaude sous une fissure dûe à l’activité volcanique de l’île (explication simplifiée).

Une petite fissure à Grjotagjá.

Nous continuions vers Jarðbödin, où des étendues de boue bouillantes se sont formées. Suivant des touristes semble-t-il aguerris, nous grimpions en haut de la montagne pour apprécier la vue d’ensemble. Mais manifestement, le chemin n’était pas le bon ! Une québécoise, non loin de nous, fît une chute dans la boue dont la température oscille entre 80 et 100°C. Heureusement, seul le bas de sa jambe droite avait été touché. Nous avons dû l’aider à redescendre sur un chemin escarpé (où les non-blessés avaient des chances de ne pas le rester). Son petit-ami ne sachant pas conduire des voitures non-automatiques (je ne savais pas que c’était possible !), j’ai dû lui donner un petit cours de conduite. Brûlée au 2ème degré -stade avancé-, nous l’avons recroisée au camping, après être allée faire un tour à l’hôpital. En tout cas, quand on entend l’accent québécois, même d’une blessée, on a du mal à prendre la personne au sérieux ^^

Jarðbödin, un peu boueux.
Jarðbödin, fumant !

L’arrêt suivant était un des cratères du volcan Krafla, dans lequel un lac s’est installé, aussi appelé Maar Viti. La dernière éruption date de 1984. Certains ont tenté la baignade au fond du cratère, pas moi !

Krafla – Maar Viti

Pour terminer la journée, nous sommes montés sur une coulée de lave encore fumante, appelée Leirhnjúkur. Elle date de 1984, et est due au volcan Krafla. Avec un vent pas possible et une température plus que fraîche, la chaleur de la lave faisait du bien, malgré l’odeur de soufre.

Jour 5

Après une nuit passée à Reykjahlíð, au bord du lac Mývatn, et réveillé plus tôt que les autres, je suis parti visiter la “ville” (190 habitants). Le lac est absolument splendide, mais il n’y pas grand chose à y voir, si ce n’est que des tribus de canards. La seule chose intéressante est l’église, plus par son histoire que son architecture. En effet, lors d’une éruption du Krafla, en 1770, la coulée de lave s’est arrêtée au pied de l’église. Et aujourd’hui, on en voit encore la trace.

L’église de Reykjahlíð

Bref arrêt à Dimmuborgir (à dix kilomètres de Reykjahlíð), où la lave a formé une sorte de château. Interprétation un peu délirante.

Nous avons mangé à Goðafoss, encore une chute d’eau. Comme toutes les autres que l’on a croisées, celle-ci est la “plus quelque chose”. Plus grande, plus fort débit, plus haute d’Europe, il y a toujours un superlatif applicable.

Pique-niquer devant Goðafoss, ça n’a pas de prix !

Un petit passage à Varmahlið, où subsiste une église dont le toit est en tourbe (aujourd’hui musée), appelée Viðimyri Church. Cela après 1080 kilomètres de voyage.

Viðimyri Church

Nous quittons la route n°1 au niveau de Siða (quel nom classe, on a du faire un arrêt juste pour prendre le panneau en photo !), et empruntons la route n°711. C’est à cet endroit que l’on a trouvé une forteresse Viking (du moins ce qu’il en reste), mais surtout un splendide point de vue.

Ça donne pas envie d’y habiter !
Vue de Borgarvirki

Et nous passons la nuit à Hvítserkur, lieu plus que sympathique, et plus que calme !

Hvítserkur

Jour 6

Première station du jour : Illugastaðir. Observatoire de phoques. Normalement, ces animaux gracieux ne sortent que par beau temps et à marrée basse. Pas de chance, la marée était haute, et le brouillard cachait efficacement le soleil. Mais grâce aux jumelles installées dans l’observatoire, et à mon zoom x30 de mon performant appareil photo, j’ai pu en compter une vingtaine !

Phoque you !

Nous reprenons la route en direction du Nord-Ouest, en s’arrêtant quelques instants à Hvammstangi, après 1254 kilomètres au compteur.

Après avoir rattrapé la route n°1, nous continuons le périple vers les Westfjords. Pas d’arrêt avant Hólmavík, sur la route n°68, et 1406 kilomètres de voiture. Nous y visitons le Museum of Sorcery and Witchcraft, le musée de la sorcellerie. C’est assez amusant (plutôt étonnant même), et les explications sont en français !

À la recherche d’un lieu pour dormir, si possible à proximité d’une source d’eau chaude, nous nous retrouvons à Laugarhóll – Gvendarlaug, où nous campons, à 100 mètres d’une piscine chauffée naturellement, et d’un bain naturel. Tout cela avec un panorama 360°. Wahou !

Elle est pas belle la vie ?

Jour 7

Nous redescendons vers le Sud, par manque de temps pour parcourir les Westfjords. Nous reprenons la route n°68, puis la n°605 jusque Króksfjarðarnes où nous traversons sur un pont/digue la mer (baie de Gilsfjörður).

Terre & mer
Grundarfjörður

Nous roulons sans relâche vers le Versturland, péninsule située à l’extrême-Ouest du pays.

Nous parcourons une route non goudronnée pendant plus de 65 kilomètres, pour arriver à Grundarfjörður, et la cascade Kirkjufellsfoss.

Kirkjufellsfoss

Ensuite, à Olafsvík, après 1693 km de voyage, nous tentons l’ascension de la route vers le glacier Snæfellsjökull, mais notre Hyundai i10 décida de nous lâcher dans les montées.

Encore une cascade !
De la neige !
Le glacier-volcan de Snæfellsjökull vu de derrière.

Pendant qu’une partie du groupe continuait avec l’autre voiture, nous redescendions vers le littoral. Cela nous a permis de visiter la pointe Ouest de la péninsule :

  • Hellissandur, une belle plage de sable blanc, et une antenne. Oui, une antenne. Une des plus hautes du monde. Pour la petite histoire, quand elle a été construite, l’Islande a fait appel à des Indiens d’Amérique (qui n’ont pas le vertige) pour peindre l’édifice en rouge et blanc. Mais avec le vent (qui souffle continuellement), l’antenne bouge énormément. Du coup, les Indiens ont abandonné leur tâche au milieu. Personne ne voulait prendre le risque de continuer à peindre. C’est donc une jeune fille de 18 ans, habitant la bourgade voisine, Hellissandur, qui s’est proposée et qui a terminé le travail. Grâce à cela, elle a gagné assez d’argent pour ne pas avoir à travailler de sa vie.
    En voyant l’antenne, on comprend le danger. Mais la question qui est restée sans réponse lors de notre passage, c’est : Pourquoi n’ont-ils pas peint l’antenne avant de la monter entièrement ? Mystère…
Big antenna.
  • Malarrif, un phare, des rochers élevés, et une vue imprenable sur le volcan/glacier Snæfellsjökull.
  • Arnarstapi (dont le nom est, en fait, très difficile à prononcer malgré les apparences, et nous a plus fait penser à un magazine que nous lisions dans notre tendre enfance), un bonhomme en roche au bord des falaises, des falaises, et une baleine, trop éloignée pour avoir une belle photo.
    Prenant notre repas dans un resto pas cher, nous discutons avec un gars du cru, qui nous conseille absolument d’aller dans le centre du pays, à Hveravellir, soit à 350 kilomètres de là.
Arnarstapi
Arnarstapi

N’écoutant que sa parole, nous quittons Arnarstapi vers 22 heures pour se diriger vers cet incroyable lieu. Nous dormons au Sud de Borgarnes.

Jour 8

Après 1899 kilomètres de route, nous repartons, toujours sur la route n°1, direction le Sud. Première pause à Mosfellsbær, à 10 kilomètres de Reykjavík. Cette proximité fait, qu’immédiatement, il se mit à pleuvoir. Mais qu’importe, nous repartions vers l’Est, et þingvellir. þingvellir, c’est le rift entre la plaque tectonique Nord-Américaine et la microplaque qui sert de lien avec l’Eurasiatique. Mais c’est aussi le lieu où s’est réuni le parlement, pendant presque 900 ans, de 930 à 1800. Ce serait le plus ancien parlement du monde, encore en fonction aujourd’hui (même s’il a déménagé à Reykjavík depuis).

Þingvellir, le drapeau islandais symbolise le parlement.

Mais en fait, il n’y a absolument rien à voir. À part une sacrée quantité de touristes (eh oui, c’est pas loin de Reykjavík, c’est facile !). Après avoir emmagasiné tout ce que l’on avait vu, on ne comprenait pas ce qu’il y avait à voir. 3-4 roches, un drapeau islandais, et c’est la fête ! Les Japonais qui prennent tout en photo et toi qui cherche ce qu’il y a d’intéressant…

Dans le même genre, nous sommes passés à Geysir et Stokkur, site de geysers. Si le premier n’est plus en fonction depuis 20 ans (probablement parce que des abrutis lançaient des pièces de monnaie dedans), le deuxième, plus petit, est toujours actif. Mais bon, ça fait “psssscchiitt” et puis c’est tout ^^.

Geysir – Stokkur
Le nom “geyser” vient de celui de Geysir.

Gullfoss (oh, une cascade !), un peu plus loin, c’est plus sympa, même s’il y a toujours du monde.

Gullfoss

Quittant le tourisme de masse vers le centre sur la route n°35 (en fait interdite aux voitures de petit calibre, mais on ne le savait pas encore à ce moment), nous arrivons sur un chemin de terre où la vitesse, limitée à 80, bien sûr, était pour nous à 25 km/h. 2h30 pour faire 40 kilomètres, c’est pas mal. Surtout si au bout, l’une des voitures affiche son réservoir d’essence vide… C’est en recherchant de l’essence à acheter à des gens (mais comme il n’y avait que des 4×4 diesels, nous roulant au sans plomb, ce n’était pas évident), que l’on nous a appris que nous risquions une amende de 2 millions de kronur, soit environ 14000 euros si nous étions en panne ou avions un accident sur cette route, étant interdite aux voitures “normale”. Mais aucun panneau ne nous avait prévenu auparavant ! Tombant sur des Allemands roulant au sans plomb, nous leur avons acheté 2 bidons de 5 litres, qui ont suffit pour le retour jusque Reykjavík !

À 19 h 30, nous reprenons la route dans le sens inverse, et quel soulagement, après 2 h 30, de rouler sur du goudron !

La dernière nuit, ce fut à Kerið, un joli cratère orangé.

Chemin orange.
Kerið, dernier lieu à voir de notre parcours.

Le lendemain matin, à 10 heures, nous étions à Reykjavík et rendions les deux voitures, après un voyage de 2298 kilomètres au total.

Le parcours


L’album photo complet : http://www.facebook.com/media/set/?set=a.491001844262780.124774.100000589052783&type=1&l=bdc8ae6b60

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